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LE TERROIR

HISTORIQUE

L'implantation de la vigne dans le Barrois remonte à une période très ancienne et date probablement de la conquête de la Gaule par les romains. Le développement de cette culture permit la fondation de plusieurs abbayes.

I - II siècle : Saint Bernard de Clairvaux, initiateur des grandes abbayes cisterciennes, donne au vignoble de la Côte des Bar sa notoriété.

XI et XII : Fondation de l'Abbaye de Molesme près des Riceys, de l'Abbaye de Mores entre Celles-sur-Ource et Landreville, l'Abbaye de Clairvaux qui établirent les bases d'une viticulture de qualité. La culture de la vigne était un travail coutumier pour les religieux et le vin indispensable aux célébrations rituelles. Pèlerins, grands seigneurs et Evêques en déplacement, prenaient leurs repas et comparaient les vins produits sur place avec ceux d'autres monastères. Il fallait donc produire des vins de qualité.

1550 : À Bar-sur-Seine la production atteint 20 000hl pour une surface de 1000ha de vignes.

XIV - XV : La guerre de Cent ans dévaste la Champagne et freine l'essor de la viticulture. Les vignes sont abandonnées, les pressoirs sont détruits.

Fin XV : Le vignoble champenois reprend son expansion. Le nombre de communes viticoles se multiplie par trois pour atteindre 400 à la fin du XVe.

1666-1772 : C'est l'activité économique principale.

Fin XVIII : Les vins du terroir champenois deviennent les " Vins de Champagne ".

XIX : Les chemins de fer, transportant rapidement et à bas prix les vins du midi de la France, provoque une concurrence rude.

1888 : Le phylloxéra ravage tout le vignoble dans l'Aube. A la veille de cette invasion le vignoble comptait 18 000 ha. Un exode massif s'opère parmi les ouvriers et les vignerons appauvris. La reconstruction va s'effectuer par greffage du Gamay, cépage de moindre qualité, qui donne une qualité de vin inférieure. La récolte de 1910 fut très médiocre.

1905-1908 : Les champenois demandent au Ministère de l'Agriculture la délimitation précise de la Champagne viticole et l'exclusivité du nom de " Champagne " réservé aux vins " récoltés et manutentionnés ".

1908 : Première délimitation sur le critère de tradition viticole : la Marne (Reims, Epernay, Vitry-le-François) et l'Aisne constituent la zone d'appellation qui représente environ 1 500 ha. Le puissant syndicat des vignerons oeuvre pour exclure la Côte des Bar. Le prétexte est que, jusqu'à la Révolution, le comté de Bar faisait partie de la province de Bourgogne.

Février 1909 : La loi interdisant aux vignerons aubois de vendre leur raisin à la Marne pour la fabrication du champagne, met le feu aux poudres.

Juin 1909 : Le gouvernement créé une appellation " Champagne " de deuxième zone. C'est un véritable appel au rabais qui ne peut satisfaire les producteurs. L'agitation se poursuit jusqu'à la déclaration de guerre de 1914.

Janvier 1911 : Un décret tombe comme une déclaration de guerre : interdiction aux vignerons de l'Aube de vendre leurs vins pour la champagnisation. La révolte éclata, avec à sa tête Gaston Checq (originaire de Bar-sur-Aube). Les vignerons poussèrent les élus à démissionner.

Mars 1911 : Des soulèvements se produisent dans les deux Bar. Le gouvernement, inquiet d'un mouvement qui pourrait s'étendre, saisit le dossier afin de revoir la délimitation de la Champagne viticole.

1914-1918 : De nombreux vignerons périssent et bien des vignes sont abandonnées.

22 Juillet 1927 : Les terroirs de l'Aube sont réintégrés à la zone d'appellation contrôlée. 60 communes ont obtenu le droit à l'appellation à condition de remplacer le Gamay (raisin de moindre qualité), par des cépages nobles. La superficie de la zone viticole, définie par la loi, est de 34 000 ha.

1926-1929 : De terribles gelées causent des dégâts considérables dans les vignes.

1930 : La crise économique provoque le déclin du vignoble de la Côte des Bar.

1919 : La bataille des appellations reprend.

1939-1945 : La reconstruction du vignoble, en cépages nobles (Pinot Noir, Pinot Meunier et Chardonnay), ne fut menée à bien qu'après la seconde guerre mondiale. Le Barséquanais et le Barsuraubois forment donc l'essentiel du vignoble de la Côte des Bar, sans oublier Montgueux, colline crayeuse à l'ouest de Troyes.
Aujourd'hui les vignes sont surtout localisées sur les pentes bien égouttées à flan de coteaux, sur les calcaires marneux qui affleurent du côté de Ville-sur-arce. On peut dire à l'heure actuelle que l'Aube retrouve la place qu'elle occupait au Moyen-Age.